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La maison Frémiot réquisitionnée par les Allemands
 
De tous les régimes totalitaires qui ont fleuri au cours de la première moitié du XXème siècle, aucun n'a poussé l'encadrement de sa population et la structuration de son appareil politique, économique et social aussi loin que l'Allemagne nazie.
 
Les structures politiques et politico-militaires (N.S.D.A.P., S.S., S.A.), en constituent la colonne vertébrale, mais, par ailleurs, chaque âge, chaque sexe, chaque activité est organisé, hiérarchisé, encadré, que ce soit la jeunesse, (H.J. et B.D.M.), les femmes (N.S. Frauenschaft), les étudiants (Studentenbund), les ouvriers et employés (Deutsche Arbeitsfront) et de façon générale, toute l'organisation du travail (Reichsarbeitsdienst, Kraft durch Freude, etc.)
 
Dans l'esprit des dirigeants nazis, cet embrigadement général et la hiérarchisation qui en découle ne peuvent se concevoir dans le cadre de l'anonymat que procure le costume civil. Chaque enfant, chaque femme, chaque homme, quelle que soit la nature de ses occupations "privées", doit, à tout moment, pouvoir être distingué parmi les autres pour le plus grand bien du Reich.
La Frauenschaft à Wisches en 1942
 
A Wisches en 1942, les femmes devaient se rendre le soir au domicile de l'instituteur allemand nommé par le IIIe Reich. Mme Friedlin, son épouse, les accueillait afin de tricoter des gants, des cache-nez, des chaussettes, des pulls… pour les soldats de la Wehrmacht. Cela s'appelait la "Frauenschaft".
 
Les femmes enceintes étaient dispensées de cette obligation, ce qui explique peut-être le nombre important de femmes enceintes dans les années 42-43.
 
A noter que le couple Friedlin était au demeurant fort sympathique. L'administration allemande avait réquisitionné la grande maison de la famille Frémiot  pour y installer le couple Friedling.
 
Jean Frémiot, propriétaire de scieries à Wisches, réfractaire à la conscription allemande en 1914 a dû quitté son domicile avec sa famille parce qu'il était condamné à mort par les Allemands et faisait partie de "gens à fusiller".
En 1914, il a rejoint l'Angleterre pour échapper à la conscription et s'est engagé dans la Légion Etrangère sous un faux nom (en effet devant la loi, il était Allemand et ne pouvait pas intégrer les armées régulières).
 
C'est pour toutes ces raisons que la famille Frémiot s'est retrouvée à Vichy, en zone libre, et c'est là que sa fille Marie Odile pris comme époux Georges Alart, un Catalan, militaire en garnison à Vichy.